La mobilisation du CIUSSS Centre-Sud face à la COVID-19

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L’hôpital Notre-Dame est l’un des établissements hospitaliers présents sur le territoire de l’est de Montréal. Dans un récent article de Patrick Lagacé paru dans La Presse, on découvrait comment, en quelques jours, cet établissement mettait sur pied un « hôpital dans l’hôpital » pour faire face à la crise sanitaire.

Ça se passe dans l’Est s’est entretenu avec Pierre Paul Milette, directeur général adjoint programme santé physique générale et spécialisée au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal (dont dépend l’hôpital Notre-Dame) pour parler de cette initiative et mieux comprendre les défis auxquels est confronté le réseau de la santé et des services sociaux.

L’hôpital dans l’hôpital 

Pierre Paul Milette,
Directeur général adjoint programme santé physique générale et spécialisée
CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal

Cette mesure d’urgence déployée au sein de l’hôpital Notre-Dame vise à instaurer une zone « étanche » pour accueillir et soigner les malades de la COVID-19, afin que le virus ne puisse pas se propager dans le reste de l’établissement. « Au moment de la parution de l’article, les dessins du parcours sécurisé du patient étaient finalisés, et la semaine d’après tout était réalisé », raconte M. Milette. Cette rapidité d’action est l’œuvre de la mobilisation de nombreux acteurs. « Je tiens à souligner le travail de nos équipes médicales qui se tiennent constamment au courant de l’évolution de la COVID dans le monde et des meilleures pratiques, précise-t-il. On s’est adjoint un spécialiste qui a travaillé en Afrique dans la période de l’Ebola, M. Isaac Assaraf, et on a suivi ses conseils. Ça nous a permis d’être fins prêts à accueillir les malades de la COVID-19 ».

Ces réaménagements temporaires de l’hôpital, faits de matériaux solides et lavables, n’aurait pas été possible sans l’intervention du secteur de la construction. « Des firmes sont venues nous supporter pour faire ces travaux-là très rapidement, avec des montants en métal et du Coroplast®, qu’on utilise bien souvent pour faire des affiches lors des élections. », poursuit-il.

Un circuit dédié au traitement des patients atteints de la COVID-19 permet également d’économiser les équipements de protection individuelle (EPI) des soignants comme les jaquettes, les masques ou les visières. « Les personnels conservent les EPI sur eux toute la journée puisque l’unité est contaminée, même s’ils continuent à changer de gants et à faire l’hygiène des mains entre chaque patient », explique M. Milette. Une nécessité à l’heure où le monde connaît une pénurie de ces équipements.

S’approvisionner « local »

Cette dure réalité pousse le CIUSSS Centre-Sud à faire preuve de créativité aussi dans ses approvisionnements. « On a fait appel à un manufacturier [Mode Ézé Plus] qui nous a été référé par la Chambre de commerce de l’Est de Montréal, et qui nous fabrique des charlottes et des surblouses lavables et réutilisables », souligne-t-il. Une mise en relation qui s’est répétée avec Courrier Plus, sollicité pour effectuer un transport urgent, ou avec des entreprises capables de fabriquer des bouteilles pour stocker du désinfectant pour les mains.

Ces partenariats mettent en évidence la nécessité criante de trouver des fournisseurs locaux. « La COVID-19 nous démontre que […] quand un événement se passe mondialement, on tombe rapidement en rupture de stock, déplore M. Milette. Il va vraiment falloir regarder vers l’avenir et s’assurer qu’il y a des productions locales d’équipements nécessaires aux soins de nos usagers. On parle des respirateurs, des masques, du gel désinfectant bref, de tous ces produits qui étaient fabriqués en Chine bien souvent, ou dans d’autres pays ».

Trouver du personnel

Outre la recherche continue d’équipements médicaux, le CIUSSS Centre-Sud doit relever le défi du manque de personnel pour faire fonctionner ses établissements. « On n’avait déjà pas beaucoup de ressources avant, mais là on a vraiment besoin de recruter des gens », explique M. Milette. D’autant plus que certains professionnels, atteints par la COVID-19, ont dû être retirés. « Ça met une énorme pression au niveau du personnel qui reste en place », poursuit-il.

Photo CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal

Un numéro spécial a même été mis en place pour recruter en urgence. « En plus des infirmières et des préposés au bénéficiaires, on recherche des surveillants de site, des préposés à l’entretien ménager ou aux services alimentaires, des commis pour répondre au téléphone et faire des appels, du personnel administratif, bref, plusieurs types de ressources humaines pour nous supporter dans ce contexte ». Il en appelle, entre autres, aux personnes qui se retrouveraient au chômage pour prêter main-forte, car selon lui « On n’y arrivera pas avec les équipes qu’on a actuellement ».

La pandémie a totalement chamboulé les horaires de travail des personnels mobilisés depuis un mois. « On commence très tôt le matin, on termine tard le soir, on est 7 jours par semaine au travail, même si on essaie désormais de prendre une journée de repos. C’est d’une intensité jamais vue dans le réseau de la santé et des services sociaux », décrit M. Milette, qui participe à des cellules de crise en continu pour trouver des solutions aux problématiques qui se présentent quotidiennement.

Pour le CIUSSS Centre-Sud, la priorité des prochains jours sera de concentrer ses ressources humaines et logistiques au niveau des soins de longue durée. Certaines activités ont été réduites à l’hôpital pour mettre à disposition du personnel supplémentaire dans les CHSLD, particulièrement touchés par l’évolution de l’épidémie. « On doit s’assurer de mettre en sécurité l’ensemble de ces personnes âgées qui ont travaillé fort pour faire du Québec ce qu’il est aujourd’hui. On leur doit ça », conclut M. Milette.

 

 

 

 

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